La mot-dernité
Par Guy le lundi 27 avril 2009, 11:49 - Méningite - Lien permanent
Quitte à passer pour un
incapadémicien je m'interroge depuis un moment sur cette nouvelle mode qui tend
à assembler, marier ou simplement mettre bout à bout des mots contraires,
formant ainsi un ensemble au sens ambiguë.
Voyons de quoi il s’agit au travers de quelques "expressions" à la mode en ce moment et faisant parties de celles qui me chagrine le plus.
Les mariages ratés.
La discrimination positive. Voilà maintenant que nous devons positiver la discrimination, et comment me direz-vous ? Tout simplement en remplaçant un arbitraire par un autre, la reprise des mêmes critères pour cette fois l’orienter vers le camp adverse. Une frustration par une autre, le mal par le mal en sorte.
On pourrait le justifier par l’égalité quelque part, tu as mangé ton pain blanc, voici le noir à présent (sans mauvaise métaphore), et renforcer ainsi la crise identitaire rongeant notre jeunesse et sur laquelle surf certains détenteurs de la parole d’en haut.
Une autre antinomie à la pointe du progrès linguistique : l’immigration choisie.
Je vous défi d’aller faire comprendre à un immigrant que son « choix » n’est pas le bon et qu’il ne correspond pas aux critères (tiens encore les facteurs différenciant…) et que la misère entretenue par les destinations rêvées est la solution à ses problèmes existentiels, une immigration à la soleil vert en somme, les premiers seront les derniers.
Le bout à bout malheureux.
Un bout à bout règne en maitre dans les discours de biens pensant depuis des années, vous savez nos philosophes à la barbe naissante et autres journaleux bulbo-atrophiés : L’ordinaire.
La haine ou la barbarie (d’actualité) ordinaire, ou l’art de faussement dénoncer la violente évolution du rapport à l’autre dans une société de plus en plus égocentrique. Qualifier de tels actes d’ordinaires ne fait que banaliser le geste et encourager un peu plus l’épidermique au dépend du réfléchi.
Toutes ces déviations étymologiques souillent les mots, le carburant de l’humanité, et pour l’essence de l’homme, il serait super que le plomb ne prenne pas l’ascendant sur l’ordinaire de nos maux. La vie aurait comme un gout de fer.
Commentaires
Bien dit ! Enfin écrit...
Excellent, comme d'habitude !
Je me contenterais d'ajouter à ton inventaire non exhaustif le terme de "croissance négative" que l'on a vu surgir lors des débuts de la crise financière ...
Si ça n'est pas de la PNL !